Dispute entre un parlementaire et sa femme avec un policier qui se termine au commissariat

Dispute entre un parlementaire et sa femme avec un policier qui se termine au commissariat

Vendredi dernier, quartier Mers-Sultan à Casablanca, des dizaines de passants ont assisté à l’altercation entre un policier et un conseiller à la Deuxième chambre, accompagné de son épouse brésilienne.

Version ASSABAH

Selon des témoins, le parlementaire conduisait son véhicule, tout en parlant dans son portable. Il n’a prêté aucune importance à l’agent de police qui lui faisait signe de se ranger sur le bord de la voie, ne lui demandant ce qu’il voulait qu’après avoir achevé sa communication. Les témoins ajoutent que le policier a demandé au conducteur les documents du véhicule afin de dresser le procès-verbal de l’infraction, mais que l’élu a refusé de les lui donner ; plus encore, il a quitté sa voiture et a engagé une discussion animée avec l’agent.

Selon des sources du journal, le conseiller, représentant la province de Taza, aurait lancé au policier des mots inconvenants, lui disant avec une certaine condescendance qu’il était parlementaire et qu’à ce titre, lui, le policier, n’avait aucun droit de l’interpeller. Ce dernier n’a pas perdu son calme, se contentant de réclamer les documents du véhicule et de son conducteur. Le sang de l’élu n’a alors fait qu’un tour, et le voilà qui invective le policer de mots orduriers et d’expressions méprisantes du type « c’est nous qui vous payons ».

Les sources d’Assabah ajoutent que pendant cette altercation verbale entre les deux hommes, l’épouse s’est à son tour énervée, est sortie de la voiture et s’est jetée sur le policier, lui assénant plusieurs coups un peu partout. Le scandale est consommé, les badauds arrivent et les choses gonflent, puis se compliquent. Sur ces entrefaites, deux policiers motocyclistes arrivent en renfort et entrent immédiatement en contact avec le procureur du roi, qui demande de placer la dame en garde à vue. Le conseiller demande alors aux policiers de libérer sa femme et passe une série de coups de fils pour se sortir de ce guêpier dans lequel il s’est mis, en compagnie de Madame.

Le parquet a demandé qu’un PV de cette altercation soit dressé, tout en maintenant l’épouse de l’élu en garde à vue, avant de la déférer devant le tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ. Voyant cela, l’élu de Taza prend la mesure de la gravité de la situation et continue ses contacts au téléphone, mais en vain. La seule chose à laquelle il aura abouti a été d’accélérer la procédure d’audition et d’établissement du PV, afin sans doute d’obtenir au tribunal la libération conditionnelle. Las… le lendemain samedi, une fois que le procureur prend connaissance des faits, il constate qu’il s’agit d’une agression caractérisée sur agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions, en présence de témoins qui ont accepté de rapporter ce qu’ils avaient vu.

Mais la dame a une autre version, selon laquelle c’est le policer qui a commis le premier acte de violence contre elle, en la bousculant, ce à quoi elle a régi en se défendant pour l’éloigner de sa personne. Le procureur a demandé une enquête plus approfondie et a souhaité visionner les enregistrements des caméras de surveillance placée dans les lieux. Résultat, l’épouse du conseiller est toujours en garde à vue.

Version Goud.ma

Selon goud.ma qui a demandé sa version à l’époux représentant de la nation, Abdelhamid Boujadi (PAM), les choses ne se sont pas passées comme cela a été dit. Il explique : « L’affaire n’a aucune relation avec le respect du Code de la route, car en effet le policier m’a fait signe de m’arrêter et il m’a dit qu’il connaissait mon épouse, qu’il savait qu’elle était roumaine, et m’a demandé de produire notre acte de mariage ». Le parlementaire poursuit que son épouse n’a jamais giflé le policier mais qu’elle s’était contentée « de le filmer avec son téléphone, avant que le policier ne lui enlève l’appareil des mains et qu’elle ne tente de le récupérer ; c’est donc le policer qui l’a poussée ». Abdelhamid Boujadi exprime le souhait de visionner l’enregistrement de la caméra de surveillance, précisant que le policer aurait dit à son épouse qu’elle vient « d’un pays de prostituées où les gens se mettent nus… ».

Cela contredit donc la version initiale qui veut que le policer avait demandé ses papiers au conducteur-élu parce qu’il parlait dans son téléphone, et que suite au refus d’obtempérer du mari, l’épouse serait descendue de voiture pour violenter l’agent. La dame brésilienne devait comparaître en tout début de semaine devant un juge qui dire le vrai et le faux, qui jugera.

Mots Clefs:
Casablanca

À propos Mouna Naciri

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