Détails du budget royal, et le député PJD A. Aftati demande la présence d’un représentant du palais au parlement

Détails du budget royal, et le député PJD A. Aftati demande la présence d’un représentant du palais au parlement

Le projet de loi de Finances 2013 a apporté cette année des indications et des chiffres qui sont présentés pour la première fois. Ainsi les listes civiles, dédiées au roi, se montent à 26 millions de DH, dont 5 millions pour le chef de l’Etat, et le reste réparti entre les membres de la famille royale. Les dépenses de souveraineté, quant à elles, se chiffrent à plus de 500 millions de DH et englobent les fonds particuliers, les réceptions et les prix ; les voyages et déplacements du chef de l’Etat nécessitent 180 millions de DH.

Il faut également plus de 400 millions de DH pour les frais des personnels rattachés à l’institution du palais royal, dont 350 millions pour les salaires et près de 70 millions de DH pour « le ministre représentant spécial de Sa Majesté le Roi », en plus de 50 millions de DH pour les fonctionnaires du Protocole et ceux de la Maison royale.

Quant aux frais de fonctionnement, équipements et dépenses diverses, ils totalisent plus d’un milliard et demi de DH : un milliard pour les services du palais royal, 170 millions de DH pour les services communs, le Cabinet royal avec 60 millions et l’Institut royal pour l’éducation des princes et princesses, avec 20 millions de DH. Suivent la direction du Protocole, 13 millions de DH, les services du Chambellan, 8.000.000 DH et les aides et subventions (Institut royal de la Culture amazigh, 70 millions de DH, le Conseil pour les Affaires sahraouies, 50 millions de DH et al Wassit, l’ex-Diwan al-Madhalim avec 25 millions de DH).

Ces chiffres ont été rendus publics deux jours après la répression de la manifestation de militants et autres défenseurs des droits de l’Homme à Rabat, qui demandaient davantage d’austérité dans les dépenses royales. Lors de la discussion de ce budget du palais, présenté par le ministre Najib Boulif, chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, le député PJD Abdelaziz Aftati a demandé la présence d’un représentant du palais au parlement, pour apporter les justifications éventuelles de certains postes de dépenses. Aftati, qui a été le seul député à faire des observations après la (très) courte présentation de ce budget royal par Boulif, a rappelé que la base du travail parlementaire est la discussion de toutes les dépenses figurant dans le projet d’une loi de Finances : « Je m’attendais à ce que cette année, le budget royal soit présenté d’une autre manière, et j’avais espéré que le ministre se présente avec un haut responsable, qui aurait été chargé de l’élaboration et de l’exécution de ce budget, et qui pourrait apporter des éclaircissements sur le budget du palais et le discuter avec nous, comme c’est le cas pour d’autres institutions ou organismes ».

Boulif avait présenté ce budget en deux minutes seulement, exposant ses grands lignes, avant de passer à la prière : « La présentation de ce budget est toujours une occasion pour prier le Très-Haut d’aider et d’assister le roi de ce pays en le guidant sur la voie juste pour sa nation et son peuple ». Puis Aftati a regretté que le Maroc, qui tient un role de leader régional dans son approche et sa gestion du printemps arabe, ne puisse pas encore discuter au parlement de toutes les institutions. Boulif a répondu que son role se limitait à exposer le budget pour lequel il était venu, mais qu’il était par ailleurs du droit des députés de discuter ce qu’ils souhaitaient et que lui se chargerait de prendre en considération les remarques et de rapporter les points éventuellement soulevés aux parties concernées.

Revenant sur la dispersion brutale des manifestants contre le budget royal, Aftati a contesté l’approche retenue par les forces de l’ordre, « même s’il s’agit de question sensibles. Agir de la sorte indique qu’il existe des sujets qu’on ne discute pas, ce qui n’est pas vrai car avec la nouvelle constitution, tout peut se dire et tout peut être débattu. Et si des propos sont tenus sur des éléments ayant trait au palais, il n’est pas nécessaire pour autant d’enfreindre la loi car cela ruinerait l’image avant-gardiste dont dispose désormais le Maroc sur le plan régional ».

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Maroc

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