De la nécessité de lourdes condamnations pour les violeurs…

De la nécessité de lourdes condamnations pour les violeurs…

A la fin de la semaine dernière, la Cour d’Appel de Tétouan a rendu un jugement clément – deux ans de prison ferme – contre une personne accusée et condamnée pour viol sur la personne d’un mineur de 7 ans, un crime particulièrement grave. Cette sentence étonnante a suscité les protestations des militants et des juristes de tous les bords, à Tétouan et à Fnideq, car une telle accusation, une fois établie, doit aboutir à une condamnation très lourde en lieu et place de ce qui apparaît comme une sorte de « tolérance » à l’égard de ces criminels violeurs d’enfants.

Et puis, voilà quelques mois, dans un autre tribunal, à Agadir cette fois, un accusé a été reconnu de coupable de viol d’une jeune fille de 13 ans, un viol qui avait occasionné une grossesse puis un accouchement. Et avant cette affaire aussi, d’autres jugements avaient été rendus ici et là à travers le royaume, pour des crimes plus abjects les uns que les autres sans que personne ne tire la sonnette d’alarme, à un moment pourtant où tout le monde est engagé dans une réforme de la justice pour, entre autres, protéger la jeunesse de ce pays et faire honneur aux valeurs religieuses et sociales en vigueur au Maroc.

L’intégrité de la justice, ce n’est pas seulement juger en fonction des dispositions du Code pénal, mais aussi et surtout réhabiliter les victimes et leur donner le sentiment qu’elles ont été écoutés et que leurs droits ont été restaurés et/ou préservés… Aussi, lorsqu’un(e) enfant mineur(e) et sa famille constatent que la justice a été clémente avec l’agresseur, ils sont en droit de se poser la question suivante : La justice a-t-elle véritablement reconnu les droits de la victime ou, à l’inverse, a-t-elle contribué à aggraver son malheur ?

Aujourd’hui, au Maroc, il est plus que nécessaire et urgent de revoir les articles du Code pénal qui punissent certaines pratiques odieuses comme le viol, car des jugements tels que ceux qui ont été rendus sont de nature à étendre le phénomène et non pas à la réduire ; si les coupables de viol écopaient de peines extrêmement sévères, il ne fait aucun doute que les violeurs potentiels y réfléchiraient à plusieurs fois avant de commettre leurs actes sordides, car il est évident que les sanctions et condamnations ne sont pas des mesures simplement coercitives mais des moyens de rééducation des uns et des autres qui en auraient besoin.

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Maroc

À propos Ghita Senhaji

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