Comment on traite la guerre du point de vue littéraire ?

Comment on  traite la  guerre du point de vue littéraire ?
0 commentaires, 24/03/2017, Par , Dans Couverture, Culture

Les œuvres littéraires font référence aux forces qui travaillent la société en profondeur et aux mutations qui s’opèrent dans l’ombre. Ainsi le roman en général n’est pas imperméable aux discours et aux bouleversements de la société de laquelle il émerge. Son rapport à la société demeure constant. Et l’histoire de la forme romanesque montre la capacité du genre à combiner l’imaginaire, l’Histoire et l’histoire.

Dans chaque œuvre romanesque, il y a composition d’un nouvel ordre, absorption et transformation, c’est à dire, elle s’imprègne de la réalité tout en la transformant selon la vision du monde de l’auteur.
Son réalisme ne peut être autre que l’effet de réel comme le disait Roland Barth , le résultat d’un travail sur les signes.
La littérature est, en ce sens, une activité supplétive qui compense par le signe l’absence du référent. Cette particularité donne lieu à ce que Michael Riffaterrre nomme  » l’illusion référentielle ». Et qui consiste à confondre la réalité avec sa représentation :

 » Tout comme l’illusion intentionnelle substitue à tort l’auteur au texte, l’illusion référentielle substitue à tort la réalité à sa représentation (…) Le problème est que les critiques se laissent prendre eux aussi, ils mettent la référentialité dans le texte, quand elle est en fait dans le lecteur, dans l’œil de celui qui regarde – quand elle n’est que rationalisation du texte opérée par le lecteur »1
Le défi du critique est donc de trouver le point d’équilibre entre la signification et la signifiance. Le dénoté et le connoté tel que défini par le système-texte.
En plus « le travail du critique est de mettre le doigt sur les passages du texte où le mimésis devient sémiosis. « 2
Même si les romans assurent une facture réaliste, ils ne cautionnent pas pour autant le réel mais le contestent implicitement dans la mise en scène dans laquelle il est soumis. Par conséquent, tout projet romanesque renonce à la totalité du réel pour se focaliser sur un fragment. De là, la littérature s’inscrit dans le paradoxe de la nécessité de dire la réalité et l’impossibilité de rendre compte du réel. Par exemple le roman, Pas pleurer de Salvayre paru en 2014 illustre bien et de manière explicite le double ancrage dans L’Histoire et dans l’imaginaire. Ajoutons à cela le réel catastrophique, qui fonde la prise de parole, semble en définitive se dérober sans cesse à toute appréhension objective.
En effet, la fiction assume une fonction de contrepoids idéologique en représentant le réel par la force symbolique du langage.

Les exemples des écrivains comme André Malraux, Georges Bernanos, Henri Gourdin, Salvayre et bien d’autres ont montré leur capacité à subsumer le social dans le romanesque et s’affranchir du réel.
Ainsi  » les événements historiques relatés sont finalement prétexte au texte littéraire : ils s’y retrouvent mais de manière à servir un discours qui tient déjà de la fable. »1
Tout le discours littéraire ne pourrait échapper à l’image ou le figural qui remédie aux insuffisances de la mimésis (.) par une en présence du monde, un lieu de représentation.
Le figural nous donne à voir le monde dans la mesure où le lieu d’un rapport immédiat aux choses par le truchement d’un type de pensées représentée de manière iconique par sa capacité à produire des images. Le figural se présente comme une irruption du sensible dans le texte. Aussi, l’image est-elle perçue comme un moment clé de création du sens du fait qu’elle peut éclairer le mystère du texte en produisant un effet favorable à l’essor de l’imaginaire. De cette manière, le signe naturel et le signe conventionnel sont distingués respectivement par l’image et le mot. Donc, l’image présente le monde alors que le langage le représente, comme disait Anne-Laure Fortin-Tournès de l’université de Lillles 3 dans le colloque de Cerisy,:  »

« Le figural conçu comme phénomène non plus sémiotique irruption d’un régime sémiotique hétérogène, à savoir l’image sensible, dans le linguistique mais sémantique, actualisation d’un sens virtuel par une réception guidée par la spécificité de l’organisation d’une œuvre littéraire ». 2

Le texte littéraire, par l’intermédiaire de l’image, s’ouvre sur un autre texte, sur le sensible.
Le figural nous donne à voir le monde, à mieux le représenter.
S’agit-il de représenter l’Histoire ou la mémoire ?
Il convient de préciser la notion du passé et du présent eu égard de la situation de la guerre civile espagnole. Nous évoquons ces deus temporalités à partir d’une analyse faisant appel à la philosophie et à la sociologie. Il ya trois niveaux d’intégration de l’Histoire dans le roman.
Le roman historique efface les frontières entre les genres d’écrits .Il sert de relai à l’enseignement historique lacunaire ou trop orienté. Umberto ECO affirme à cet égard que dans le roman historique :
« Les agissements des personnages servent à mieux faire comprendre l’histoire, ce qui s’est passé et bien qu’ils soient inventés, ils en disent plus, et avec une clarté pareille sur (…) l’époque, que les livres d’histoires consacrés ».1
Une question de visibilité se pose quant à la dichotomie historiographique et roman historique. Le problème de l’authenticité empiète sur le territoire de l’éthique. Et cela a un rapport avec l’image et la manière dont elle se conçoit .Ce qui nous ramène à se poser la question sur quelle base peut on parler d’un roman historique,
Isabelle TOUTON, maitre de conférence à l’université de Bordeaux ,a montré que l’exploitation du passé a une implication dans le présent de la société dans laquelle il est lu ou présenté. Nous pourrions parler de l’intégration des éléments historiques dans le roman ou Histoire dans le roman.

À propos IBERGAG

Auteurs Anonyme contribuant a l'actualité sur le site communautaire http://ibergag.com

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *