Casa-khstan…

Casa-khstan…
0 commentaires, 28/11/2012, Par , Dans Société

La Ville de Casablanca évoque quelque peu le Kazakhstan, une nation connue pour sa mosaïque d’ethnies et de peuples divers qui ont élu résidence dans ces contrées depuis des temps immémoriaux… au point que le 1er mai, dans ce pays, on ne célèbre pas la fête des travailleurs, mais celle de l’ « unité des peuples ». Il n’en demeure pas moins que le Kazakhsatn demeure l’un des pays où la densité de la population est la moins forte de la planète, avec une superficie qui équivaut au quart de celle des Etats-Unis, et une population qui ne dépasse guère les 15 millions d’âmes.

La ville de Casablanca, maintenant… nul ne peut dire exactement combien de personnes y résident. Ceux qui parlent de 6 ou 7 millions d’habitants parlent des gens qui ont été recensés par les Chioukhs et les moqaddems dans les grands arrondissements de la cité seulement… Mais si on ajoute à ceux-là les gens qui viennent chaque jour à Casablanca, ceux de la « navette » par exemple, on atteindrait aisément la population du Kazakhstan.

Par moments, en scrutant la circulation automobile, vous pouvez avoir l’impression qu’il y a plus de voitures que d’humains dans cette ville encombrée. Et le projet du tramway a durci encore plus les embouteillages… La construction de la ligne de ce tram a obturé les grandes artères de la métropole, jetant les engins à deux, trois ou quatre roues, et même plus, dans un capharnaüm indescriptible. Casablanca est même devenue cette étrange ville, l’unique peut-être, où un chauffeur de taxi ne peut vous déposer là où vous le souhaitez, pour cause d’encombrements. Maintenant, c’est le chauffeur de ce taxi qui vous dire où il pourra vous conduire ; soit vous vous inclinez, soit vous restez la tête haute, mais sur le trottoir.

Initialement, l’idée du tramway est née de l’excellente intention de désencombrer les artères, mais voilà qu’il s’avère que cette bête moderne ne fera pas autre chose qu’accentuer les embouteillages et augmenter les périls de la circulation automobile, avec leurs cortèges d’accidents, d’heurts et beaucoup de malheurs. Selon une récente étude réalisée par un organisme privé, le tramway de Casablanca occasionnera quelques 5 tués par jour, un chiffre effrayant que M. Aziz Rabbah devrait soigneusement méditer.

M. Youssef Draïss, le Directeur général de la société Casa Transport, a mis en garde contre les dangers du tram et les risques qu’il encourt, essentiellement les jours de grands matchs de football. M. Draïss a même laissé entendre qu’il était possible que le tramway puisse suspendre ses navettes, ces jours-là, afin d’éviter des dégâts qui seraient très, trop, coûteux à réparer.

Loin de tout cela, contentons-nous de constater que le tram représentera un danger pour la ville en lieu et place de contribuer à régler des problèmes. La raison ? Nous autres, les Marocains, n’avons pas la culture du tram, pas plus que nous avons celle de l’automobile. Et voilà que nombre d’automobilistes s’évertuent à faire la course avec cet engin, lui disputant même ses rails, mettant tout le monde en péril.

Les moyens de transport, à l’instar de toutes les inventions humaines, deviennent un danger pour les populations si celles-ci n’intègrent pas la culture qui va avec ces moyens et engins. C’est pour cette impérieuse raison que le lancement du tramway de Casablanca doit absolument s’accompagner d’une campagne de sensibilisation à grande échelle dans cette ville, pour ses millions d’habitants et de visiteurs. Il faut ancrer la culture du tram dans les esprits des gens et… pourquoi pas, s’il pouvait aussi permettre d’envoyer à la ferraille ces bus antédiluviens que l’on ne retrouve plus que sous nos cieux, ce serait tout aussi bien.

Mots Clefs:
Casablanca

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