Calme précaire au Caire après une journée sanglante

0 commentaires, 03/05/2012, Par , Dans Flash

La vie commence à reprendre progressivement son cours normal à la place Abbassiya devant le ministère de la Défense et au centre du Caire au lendemain d’affrontements sanglants entre des manifestants et des bandits ayant fait des dizaines de morts et de blessés. le calme  est intervenu après une journée d’affrontements, alors que certains mouvements et forces politiques appellent les citoyens à descendre vendredi dans les rues pour contraindre les militaires à retourner à leurs casernes dans les meilleurs délais.  Ces forces politiques, mouvements de jeunes et syndicats ont appelé à une grande manifestation à la place Tahrir, épicentre de la contestation, pour défendre la révolution et exhorter les militaires à remette le pouvoir à une administration civile et la poursuite en justice des personnes impliquées dans ces évènements.

Dans la rue d’El-Khalifa El-Maamoun, près du ministère de la Défense, une marche a été organisé par des candidats à la présidentielle et hommes politiques pour dénoncer ces violences.

La marche hostile au pouvoir militaire estime que le Conseil suprême des forces armées égyptiennes (CSFA) au pouvoir depuis la chute du régime de Hosni Moubarak est responsable des affrontements ayant opposé manifestants et hommes de main sur la place Abbassiya et l’ont exhorté à transférer immédiatement le pouvoir.

Pour sa part, le conseil de la Choura (parlement) a souligné que « le sang des Egyptiens est une ligne rouge infranchissable et que le droit à la manifestation pacifique est garanti par la loi tant qu’elle est organisée sur la place Tahrir, épicentre de la révolution égyptienne ».

Dans un communique, le conseil a fait part de sa profonde inquiétude vis-à-vis des actes de violence survenus sur la place Abassiya.

De son coté, l’Assemblée du peuple a fermement condamné le laxisme du gouvernement et des responsables qui ont manqué à leur devoir dans la protection des manifestants, se déclarant « indignée » par ces incidents.

Les candidats à la présidentielle, prévue les 23 et 24 mai, ont également décidé de suspendre leurs campagnes en signe de protestation contre ces violences et de solidarité avec les victimes.

A cet égard, l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe et candidat à la présidentielle, Amr Moussa, a jugé « inacceptable que les services de sécurité restent les bras croisés quand des affrontements ont lieu et que le sang coule ».

Quant aux jeunes activistes du Mouvement du 6 Avril, ils ont qualifié ces violences de « massacres » et accusé l’armée d’être responsable « de ces crimes commis contre la révolution et les révolutionnaires ».

« Ces pratiques sont la poursuite des méthodes de nettoyage et de mort que le Conseil suprême des forces armées utilise pour réprimer la révolution », dit le groupe dans un communiqué.

Pour sa part, le député Amr Hamzaoui a appelé le Conseil militaire à l’ouverture d’une enquête judiciaire sur ces violences pour traduire les responsables devant la justice.

Pour apaiser la colère des manifestants et des forces politiques qui craignent une prolongation de la période de transition, le Conseil militaire au pouvoir s’est déclaré « prêt » à remettre le pouvoir le 24 mai à un civil si un président est élu dès le premier tour.

D’après le chef d’état-major des forces armées égyptiennes, Sami Anan, le Conseil, qui devra tenir dans la journée une conférence de presse consacrée à la période de transition et à ces événements, est engagé à remettre le pouvoir aux civils le 24 mai, et non le 1er juillet comme prévu, si un président est élu dès le premier tour de scrutin.

Il a également souligné qu’il ne permettra la répétition de telles violences entravant le processus électoral et qu’il ne ménagera aucun effort pour protéger les manifestants.

Mercredi à l’aube, des assaillants non-identifiés, accusés d’être des hommes de main en civil agissant sur commande, ont attaqué les manifestants qui étaient rassemblés depuis plusieurs jours pour réclamer le départ de l’armée du pouvoir.

Les deux camps ont échangé pendant des heures des jets de pierres et des cocktails Molotov, tandis que des personnes, le corps en sang, étaient battues à coups de barres de fer dans des scènes de lynchage en pleine rue. Des coups de feu ont également été entendus.

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Gouvernement

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