Calendrier des fêtes musulmanes fixé : Mohamed Moussaoui explique

Calendrier des fêtes musulmanes fixé : Mohamed Moussaoui explique
0 commentaires, 10/05/2013, Par , Dans Couverture, Monde

« Du jamais vu » pour certains,  « un pas en avant » pour d’autres, l’abandon de la méthode d’observation de la lune en France, au profit d’un nouveau calendrier lunaire basé sur des calculs astronomiques, a suscité bien des réactions chez la communauté musulmane. Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman à l’origine de cette décision, explique les raisons derrière cette décision, preuves à l’appui.

Les musulmans de France n’ont désormais plus besoin d’attendre le verdict de l’observation lunaire pour connaitre les dates du ramadan, de l’Aïd El Fitr ou encore de l’Aïd El Kebir. Ces dates, comme celles du reste des manifestations musulmanes, seront dorénavant annoncées à l’avance par le Conseil français du culte musulman (CFMC), qui a annoncé hier, jeudi 9 mai, la mise en place d’un système de calculs astronomiques en remplacement de l’observation lunaire.

Face aux réticences de certains musulmans, son président, le Marocain Mohammed Moussaoui, a souhaité apporter quelques éclaircissements sur le sujet.

Un calendrier pour unir les musulmans

Dans un article intitulé « Le calendrier lunaire à la lumière des données astronomiques », publié jeudi sur le site du CFCM, Mohammed Moussaoui explique que le calendrier lunaire soit, entre autres, « être simple dans sa construction,  dans son utilisation et à la portée des états et des communautés musulmanes.  Il doit servir à unir et à rassembler les musulmans et non à les diviser ». « Il se trouve que, dans l’état actuel des choses, le calendrier lunaire basé sur l’observation mensuelle ne répond pas à ces exigences, contrairement au calendrier lunaire basé sur le calcul », souligne-t-il.

Selon le responsable du CFCM, les opposants du calcul astronomique pour définir le calendrier lunaire s’appuient sur un hadith du prophète Muhammad, invoqué également par les partisans de cette méthode. « Nous sommes une nation illettrée. Nous n’écrivons pas et ne comptons pas. Les mois sont comme ceci et comme cela, c’est-à-dire 29 jours ou 30 jours » (Recueils de Muslim, et Al Bukhari ».

Le prophète ne nous a pas incités à rester illettrés

« C’est la situation du calcul et de l’écriture dans la péninsule arabique au VII siècle qui a conduit le prophète Muhammad à proposer une règle simple, à la portée de tous, pour déterminer le début du mois  et en vertu du principe de droit musulman selon lequel ‘une règle ne s’applique plus, si le facteur qui la justifie a cessé d’exister’, la recommandation du Prophète ne s’applique plus aux musulmans, une fois qu’ils ont appris « à écrire et à compter » et ont cessé d’être « illettrés », poursuit Moussaoui, citant Qadi Ahmad Shakir « Le début des mois arabes … est-il licite de le déterminer sur la base du calcul astronomique ? », publié en arabe en 1939.

Pour Moussaoui, le prophète Muhammad « n’a jamais incité les musulmans à rester illettrés », mais bien au contraire. Preuve en est, le premier passage coranique qui lui a été révélé « met en valeur la plume comme outil d’écriture et du savoir : ‘Lis et ton Seigneur Le Très généreux qui a enseigné avec le Calame ( plume), a enseigné à l’Homme ce qui ne savait pas’ (Coran 96.3-5) et le hadith suivant : ‘Le jour de la résurrection, l’encre des savants et le sang des martyrs mis de part et d’autre sur une balance, c’est l’encre des savants qui l’emportera’.

Dans sa tribune, Moussaoui revient également, en détails, sur la méthode de calcul qui serait désormais prise en considération en France. La date du début et de la fin du ramadan a, pour rappel, d’ores et déjà été annoncé. Le mois sacré commencera cette année le 9 juillet pour s’achever le 7 août. L’Aïd El Fitr sera ainsi fêté le 8 août.

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