Bruxelles : Un Marocain jugé pour avoir incendié une mosquée chiite causant la mort d’une personne

Bruxelles : Un Marocain jugé pour avoir incendié une mosquée chiite causant la mort d’une personne

Le procès d’un Marocain accusé d’avoir mis le feu il y a deux ans à la principale mosquée chiite de Bruxelles, causant la mort d’un imam, s’est ouvert jeudi devant la cour d’assises de la capitale belge.

Rachid El-Boukhari, âgé aujourd’hui de 35 ans, s’était introduit le 12 mars 2012, peu avant la prière du soir, dans cette mosquée chiite d’Anderlecht, un quartier populaire et multiculturel situé à proximité de la gare du Midi.

Il avait d’abord lancé des invectives à l’égard des chiites, les jugeant responsables de la répression en Syrie. Armé d’une hache et de couteaux, il avait déversé de l’essence puis mis le feu au bâtiment.

L’incendie s’était rapidement propagé dans le bâtiment et l’imam, Abdellah Dahdouh, un père de quatre enfants âgés de 47 ans, est décédé par intoxication, après avoir d’abord tenté d’éteindre le foyer puis essayé en vain de s’enfuir.

Arrêté sur les lieux, le prévenu a été inculpé pour « infraction terroriste », en plus du chef d’accusation d' »incendie volontaire ayant entraîné la mort » avec comme « motif aggravant » que cet acte est « basé sur la religion ». A l’issue de son procès, qui devrait s’achever le 8 décembre, il risque la prison à perpétuité.

« Oui, je savais qu’il y avait au moins une personne ou deux dans la mosquée au moment où j’y ai mis le feu », a admis jeudi l’accusé devant la cour d’assises, selon l’agence Belga.

« Mais je pensais qu’ils allaient sortir par la porte. Le problème est qu’une de ces personnes a fermé la porte et on s’est tous retrouvés enfermés dans le bâtiment. Je ne pensais pas qu’il y aurait mort d’homme. Moi, je voulais juste éveiller les chiites », a-t-il ajouté, niant l’intention homicide.

« Je voulais faire prendre conscience à la communauté chiite de la situation en Syrie. Là-bas, les sunnites qui demandaient alors que le régime de Bachar Al-Assad tombe subissaient des exactions », a-t-il poursuivi.

Une semaine après l’incendie, une « marche blanche » à la mémoire de la victime avait rassemblé à Bruxelles quelque 2.000 personnes, dont de nombreux chiites, mais aussi des sunnites.

À propos François Deville

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