Bienvenue à vous en Europe… mais seulement après avoir payé 160.000 euros

Bienvenue à vous en Europe… mais seulement après avoir payé 160.000 euros
0 commentaires, 26/11/2012, Par , Dans Chroniques, Couverture

L’Espagne met en œuvre toutes les solutions que vous pourriez imaginer pour se sortir de la situation économique dans laquelle elle se trouve aujourd’hui, une situation tellement éprouvante, tellement étouffante qu’aucun de ses partenaires européens ne lui prête plus aucune attention, maintenant que Berlin est devenue le véritable centre d’influence en Europe… Ainsi, n’eussent été les sorciers catalans du ballon rond et les magiciens du Real Madrid, personne ne se soucierait plus de ce pays ni n’en entendrait même plus parler, après qu’il ait été au seuil de l’entrée dans le club des grandes puissances, avec un PIB qui collait à celui du Canada… Les voies du Seigneur son décidément bien impénétrables…

Depuis que Madrid a commencé à s’enfoncer dans les méandres de la crise, de plus en plus sinueuses, ce sont environ 6 millions de personnes qui se retrouvées au chomage, et des milliers d’entreprises qui ont fermé.

Nos voisins ont donc essayé toutes les recettes, mais sans réaliser de victoires tangibles. Ils ont augmenté les impots, mais les dépenses ont alors baissé. Ils ont licencié, et les banques se sont trouvées au bord de l’asphyxie, voire de l’apoplexie. Ils ont réduit les dépenses publiques, et la stagnation s’est installée. Ils ont demandé 100 milliards d’euros de Bruxelles, 100 milliards qui ont été englouties par des banques aux abois, des banques qui ont inspiré des blagues lugubres aux Espagnols, comme celle consistant, par exemple, à dire que le voleur n’est plus celui qui dévalise une banque, mais plutot celui qui en crée une… La crise a donc entamé les chairs, et voilà qu’elle s’attaque déjà aux os. Les Catalans, qui ont toujours été fiers de leur force économique et de leurs spécificité culturelle, sont passés à la vitesse supérieure en exploitant la situation, et en demandant à nouveau leur « indépendance », arguant du fait qu’il ne leur était pas, ou plus, possible d’engager des capitaux dans une Andalousie chancelante. Et voilà que le roi Juan Carlos, qui s’était fait quelque peu discret après son scandale de la chasse à l’éléphant en Afrique, a adressé une lettre à ses compatriotes dans laquelle il leur exprime sa sympathie, leur demandant d’être patients, et évoquant l’esprit patriotique qui régnait voici une trentaine d’années, lors de la transition démocratique de l’après-Franco, une période qui avait été à l’origine de la réussite de l’Espagne moderne.

La gauche n’est pas parvenue à contourner le pièges de la crise, pas plus que la droite n’a de solution miracle à proposer… Tous essaient tous remèdes et expérimentent toutes les préparations possibles et imaginables, dans l’espoir de trouver une « médecine » pour soigner ce mal qui a frappé de plein fouet le secteur du bâtiment, puis s’est étendu aux banques, avant que de commencer à ronger sérieusement le marché de l’emploi…

Dernière trouvaille en date du gouvernement de droite de Mariano Rajoy pour sauver l’immobilier, où des centaines de milliers de logements inoccupés s’accumulent les uns sur les autres dans un marché totalement amorphe… attribuer une carte de résident aux étrangers pour toute acquisition d’un logement pour une valeur supérieure à 160.000 euros… Cette offre s’adresse bien évidemment aux Maghrébins et autres Africains dont les riches et même une partie des classes moyennes, peu rassurés quant à la sécurité dans leurs pays, aspirent (très) fortement à mettre un pied en Europe.

Le plus étrange est que cette mesure soit le fait de la droite espagnole, connue pour sa très grande sensibilité à l’égard de toutes les questions ayant trait à l’immigration et aux étrangers, principalement les musulmans. Mais toutes les solutions sont bonnes pour sortir de la crise et sauver le secteur immobilier… Un certificat de résidence à Schengen en échange de l’achat d’un appartement en Espagne…

Mais malgré cela, l’idée est intelligente car elle incitera nombre d’Africains, du Nord ou d’ailleurs, à acheter des logements à vil prix chez le voisin du nord ; cela leur procurera l’avantage d’avoir des « papiers » pour aller en Europe et leur évitera, au moins, le supplice des longues files d’attentes devant les consulats et ambassades étrangères.

Aujourd’hui, la balle est passée dans le camp des pays visés par cette possible « fuite » des capitaux qui iront se figer dans des murs dont ne pourront pas vraiment profiter leurs nouveaux acquéreurs, qui ne pourront même pas facilement les revendre dans les années qui viennent.

Nous, au Maroc, avons des hotes étrangers, arabes, qui possèdent nombre d’appartements, de commerces et d’entreprises ; certains d’entre eux sont milliardaires. Mais en dépit de cela, ils doivent, chaque année, aller se pointer devant les commissariats et préfectures pour pointer et ainsi obtenir un titre de séjour d’une durée d’un an… Ne parlons même pas de l’octroi de la nationalité, une faveur que n’obtient une stricte minorité, comme si le Maroc était devenu un Etat pétrolier qui noie ses citoyens sous des monceaux de billets et qui, en toute logique, se montre très parcimonieux en matière de délivrance de sa citoyenneté.

Des capitaux énormes ont quitté ce pays pour la seule et unique raison que le ministère de l’Intérieur continue de fonctionner à l’ancienne… instaurant des controles aussi sévères que stricts, surtout pour les Africains, les Arabes et les Asiatiques, à un moment où nous critiquons les Européens d’agir de la même façon envers leurs immigrés bien que ces derniers jouissent de droits bien plus larges que les étrangers vivant sous nos cieux.

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Maroc

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