Benkirane se plaint au roi du comportement de Chabat : « Majesté, la coalition gouvernementale est en danger »

Benkirane se plaint au roi du comportement de Chabat : « Majesté, la coalition gouvernementale est en danger »

L’audience a duré environ 40 minutes au palais royal de Marrakech, vendredi 16 novembre, avec, en plus du roi Mohammed VI et du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, le ministre d’Etat Abdallah Baha et le ministre qui a actuellement le vent en poupe, celui du Budget, Driss Azami.

Fidèle à son habitude, le chef du gouvernement n’a pas gardé pour lui ce qui le tracasse, en plus des questions économiques pour lesquelles il était venu chercher l’onction royale, comme la réforme de la Caisse de compensation, la fiscalisation des entreprises et des salaires pour financer le Fonds de solidarité, une mesure qui avait suscité l’ire inhabituelle du patronat.

Ainsi, selon une source bien informée d’Akhbar Alyoum, Abdelilah Benkirane a confié au chef de l’Etat : « Majesté, je voudrais vous entretenir d’un sujet de prime importance. La coalition gouvernementale que je dirige est en péril, Sire, et la raison en est Hamid Chabat, le Secrétaire général du parti de l’Istiqlal, qui souhaite nous ramener aux recrutements directs sans passer par l’organisation de concours ouverts à tous, et qui insiste également pour un remaniement ministériel en cette conjoncture si peu propice à cela… Pour ma part, je ne saurai absolument pas accepter cette démarche ».

La réponse du roi fut évasive, se contentant d’appeler le gouvernement à augmenter le rythme de son action et à améliorer la concertation entre ses membres. Les interprétations de cette réponse peuvent être multiples, mais selon notre source, le chef du gouvernement a quitté le palais rassuré, après avoir attendu relativement longtemps cette audience royale.

Le palais royal n’a publié aucun communiqué sur cette importante rencontre qui a réuni le roi et son chef de gouvernement, lequel chef de gouvernement a refusé d’apporter un quelconque éclairage sur cette audience, ce qui selon lui aurait été « indélicat ».

Par ailleurs, il est prévisible que les relations entre Hamid Chabat et Abdelilah Benkirane se détériorent encore davantage dans les jours qui viennent, ce qui mettra inévitablement en danger la coalition gouvernementale, mais le chef du gouvernement tient bon et dit à ses amis qu’il n’envisage pas de se soumettre au chantage du patron de l’Istiqlal, et que si ce dernier souhaitait quitter le gouvernement, il était tout à fait libre de le faire. Pour Abdelilah Benkirane, qui le dit et en est convaincu, les alternatives ne manquent pas.

Parmi ces solutions de substitution, indique une autre source bien au fait de la tambouille gouvernementale mais qui souhaite garder l’anonymat eu égard à la sensibilité de la question, il y a le RNI, surtout que la Colombe s’est éloignée du Tracteur, principal adversaire de la Lanterne (respectivement, RNI, PAM et PJD). Il faut dire que le G8, qui réunissait RNI et PAM entre autres, a été secoué par les résultats électoraux des dernières législatives.

Quant à Chabat, il lui appartiendrait de réfléchir soigneusement et profondément avant de décider de quitter le gouvernement et sa majorité, car les Istiqlaliens sont pris l’habitude de se trouver au gouvernement, depuis 1998, et la pénombre de l’opposition ne sied pas tout à fait à des élites bourgeoises qui voient dans le gouvernement une manière d’exister, de préserver la puissance du parti et de protéger les intérêts de ses chefs et cadres.

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