Benkirane n’a pas apprécié d’être qualifié « d’homme malade »…

Benkirane n’a pas apprécié d’être qualifié « d’homme malade »…

Le chef du gouvernement a perdu le controle de ses nerfs, lors de la séance des questions tenue à la Chambre des Conseillers vendredi dernier, après que l’élu du PAM, Abdelkrim Bounmer, l’eut qualifié d’ « homme malade ». Abdelilah Benkirane s’est adressé alors au Conseiller en lui assénant un « apprends à respecter les ministres, car ainsi, c’est le Maroc entier que tu respecteras ; et demain, tu pourras toi-même occuper une fonction gouvernementale, et tu seras confronté à ce type d’insultes ».

Le Conseiller Bounmer quittait la salle, poursuivi par les accusations du chef du gouvernement portées contre son parti le PAM sur sa volonté à controler la vie politique du pays et de créer sous nos cieux les conditions régnant aujourd’hui en Egypte. Bounmer avait rétorqué alors, en darija « qu’est-ce que c’est que ce malade », engageant l’ensemble du gouvernement par ce qualificatif. Suite à la sortie du groupe du PAM de l’hémicycle, Benkirane s’est adressé à l’élu Driss Radi et lui a dit que ce qui menace le pays n’est pas tant l’insécurité alimentaire que ce type d’énergumènes, dans une allusion au PAM qui, selon le chef du gouvernement, avait passé tout son temps dans les dernières années à insulter les responsables, à controler les faits et gestes de tout le monde et à faire embastiller ceux qui n’avaient pas l’heur de lui plaire.

Benkirane a aussi déclaré que c’est le PAM qui a poussé les gens à sortir dans les rues avec le Mouvement du 20 février. « Avec eux, ces gens du PAM, nul ne pouvait parler ou tenir une position politique », ajoutant, à l’adresse du conseiller Radi « à travers ces propos, c’est vous et vos compagnons que je défends, car la logique absolutiste est définitivement enterrée. Nous sommes aujourd’hui face à l’intérêt du peuple, loin, très loin des anciennes méthodes qui consistaient à employer les journaux et les radios pour attaquer le gouvernement. Cher Monsieur, le Marocains aspirent aujourd’hui à trois choses : le roi, la réforme et la stabilité ».

La séance des questions-réponses était consacrée à la sécurité alimentaire, et le chef du gouvernement a répondu à l’attaque du Conseiller PAM Abdeslam Belqchour qui avait comparé la situation alimentaire et politique au Maroc avec ce qui se passe en ce moment en Egypte. Benkirane : « ce qui se produit aujourd’hui dans ce pays est le fruit de plusieurs décennies de dictature, et Morsi, en faisant ce qu’il a fait, n’a d’autre objectif que de remédier à cette situation ». Pour le chef du gouvernement, en pleine lancée, si le PAM avait vraiment voulu le bien de ce pays, il aurait entrepris des réformes du temps où il avait une influence, « mais voilà, il n’a rien fait de tout cela, et les Marocains aujourd’hui ne veulent plus de lui, qui a perdu toute crédibilité ».

Enfin, après que le chef du gouvernement eut demandé à l’opposition de troquer ses attaques contre le gouvernement par des conseils à lui prodigués, le chef du groupe du PAM à la Chambre des Conseillers, Hakim Benchammass a fait remarquer à Abdelilah Benkirane que la constitution donnait le droit à l’opposition de critiquer l’action de la majorité, que cette majorité l’accepte cela ou non.

Mots Clefs:
Maroc

À propos Ghita Senhaji

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *