Benkirane crée l’évènement : il autorise la publication de la liste des carrières et appelle à la répression des « enfants gâtés »

Benkirane crée l’évènement : il autorise la publication de la liste des carrières et appelle à la répression des « enfants gâtés »

Le chef du gouvernement a mis à profit son passage à la Chambre des Conseillers, avant-hier mercredi, pour créer l’évènement en donnant à Aziz Rebbah, le ministre de l’Equipement et du Transport, le feu vert pour procéder à la publication des listes des bénéficiaires des carrières de tous genres. S’adressant à son ministre à partir de la tribune d’où il parlait, Abdelilah Benkirane lui a dit : « Vas-y, Si Rebbah, tu peux y aller, publie ces listes ! ».

Akhbar Alyoum a pu obtenir auprès des services du ministre l’information selon laquelle ces listes seront mises en ligne dès la semaine prochaine.

A propos de cette publication, Benkirane est revenu sur le précédent crée par celle des agréments de transport interurbain de voyageurs et est revenu sur la tempête soulevée par cette initiative de son ministre, prise en début d’année. Il s’est alors adressé à l’assistance en lui disant : » Ne revenez pas sur vos demandes et ne qualifiez pas cette prochaine publication des listes d’action de populiste », rappelant à cet effet que l’objectif poursuivi est de mettre à la disposition du public les noms de ceux qui bénéficient de l’argent public. Le chef du gouvernement ajouté que le « temps des dessous de table est bel et bien révolu, dans une allusion aux sommes perçues par les titulaires d’agréments, et qui peuvent parfois atteindre des sommets et dépasser les 450.000 DH. Aujourd’hui, a rappelé le chef de l’Exécutif, le temps de la saine compétition est arrivé.

Les enfants gâtés

Et puisque la séance au parlement était consacrée au secteur du Transport, le chef du gouvernement a tenu à parler de son propre cas, demandant aux services de police et de gendarmerie de le verbaliser sans hésiter s’il commettait une infraction au Code de la route. Benkirane a aussi évoqué la nécessaire protection des agents de controle dans le cas où ils seraient amenés à verbaliser un de ces « enfants gâtés, ou quelque responsable », des gens qui doivent comprendre qu’il existe des lois et que ces lois sont faites pour réprimer les manquements et les infractions. « Le gouvernement dispose du courage qu’il faut pour appliquer cela ! », a martelé Abdelilah Benkirane, et les policiers et gendarmes doivent pouvoir bénéficier de la protection de ce gouvernement si des interventions devaient suivre une application de la loi contre des personnes influentes : « Si un tel cas venait à se produire, contactez-moi et je ferai ce qu’il faut ».

Entretien avec le roi

Dans un autre registre, Benkirane a affirmé que le Maroc avait changé, passant « de l’ère où on controlait la population à celle où on la sert ». A ce propos, il a ouvert une parenthèse pour dire qu’il avait pris contact avec le roi Mohammed VI pour lui dire combien son dernier discours lui avait mis du baume au cœur, essentiellement le passage sur le nouveau concept de l’autorité ; ainsi, les policiers et autres agents de circulation pourront sentir que « la société et les institutions publiques les protègent ».

Démission du chef du gouvernement

Abdelilah Benkirane a reconnu qu’immédiatement après le drame du Tichka, dans lequel un autocar avait versé dans le ravin, occasionnant la mort de 43 personnes, il avait sérieusement envisagé de démissionner avec son gouvernement, car l’ « Etat avait une part de responsabilité dans le controle de la charge du véhicule et de la vérification de son état mécanique »… « J’ai donc pensé à démissionner avec mon gouvernement »… Benkirane a aussi menacé ceux qui commettent des infractions : « Si la répression doit être la solution, alors nous réprimerons, et si c’est le controle qui fait défaut, alors nous controlerons ».

Le chef du gouvernement a donné alors libre cours à sa colère contre les mauvais conducteurs : » La police d’assurance n’est pas une autorisation de tuer, et quiconque penserait que sa police évacue sa responsabilité commet une grave erreur de jugement… tant il est vrai que même l’islam ne dispense pas de la responsabilité ». Pour le chef du gouvernement, tout conducteur qui serait à l’origine d’un accident mortel devrait se voir retirer son permis à vie.

Et Abdelilah Benkirane poursuit son intervention en énumérant les différentes mesures pratiques qui seront prises pour limiter l’hécatombe sur les routes : Controle GPS pour surveiller camions et autocars, controle aérien des routes au moyen d’hélicoptères de la gendarmerie royale, renforcement et consolidation des moyens de surveillance et de controle, avec une enveloppe budgétaire de 345 millions de DH pour financer radars fixes et mobiles, introduction massive des appareils d’alcootest et d’autres pour vérifier l’ingestion ou l’inhalation de produits psychotropes par les conducteurs…

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