Baddou Zaki : « Voilà comment les choses se sont passées entre la Fédération et moi »

Baddou Zaki : « Voilà comment les choses se sont passées entre la Fédération et moi »
0 commentaires, 29/09/2012, Par , Dans Couverture, Sport

Q – Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est réellement passé entre vous et la commission chargée de trouver un successeur à Gerets ?

R – Je vais tout vous dire, clairement et sincèrement. Lundi dernier, Tarik Najem, le Secrétaire général de la Fédération royale marocaine de foot, m’a appelé au téléphone pour me dire que la commission voulait me rencontrer « demain mardi à 13 heures au siège de la Fédération ». Il a ajouté qu’il allait m’adresser un mail de convocation ; je lui ai donné mon adresse, mais le lendemain je n’avais toujours rien reçu. J’ai essayé de le rappeler à plusieurs reprises, mais il n’a pas pris l’appel. Malgré cela, j’ai pris la route vers Rabat et je suis allé, à l’heure dite, au siège de la Fédé. Je suis entré dans la salle de réunion et j’y ai trouvé son président Abdelilah Akram, en plus de Hakim Doumou et de Noureddine Naybet, du Dr Slaoui et de Tarik Najim. J’ai alors demandé à ce dernier pourquoi il ne m’avait pas répondu au téléphone ; il m’a regardé, m’a souri, mais n’a rien répondu.

C’est alors qu’Akram m’a souhaité la bienvenue, avant de me dire : « Alors, que penses-tu de tout cela ? ». Je lui ai répondu de quoi il parlait au juste, étant entendu que beaucoup de choses se passaient. C’est Hakim Doumou et Noureddine Naybet qui m’ont alors répondu en me disant qu’ils voulaient me voir pour parler d’une seule rencontre, celle qui doit opposer le Maroc au Mozambique le 13 octobre. Ma réponse a alors été claire et nette, ne dépassant pas les 6 secondes : « Si vous m’avez appelé pour vous parler d’un seul match, alors ne comptez pas sur moi ».

Q – Ensuite ?

R – Après, c’est Akram qui a pris la parole : « Tu pensais à quoi alors ? ». Ma réponse a été que je m’attendais à trouver un projet qui comprenait le prochain match, bien sûr, qui doit être remporté afin de pouvoir aller en Afrique du Sud en 2013, où nous devrons arriver au second tour, et aussi réduire l’écart entre nous et la Cote d’Ivoire pour les qualifications du Mondial 2014 au Brésil, ou au moins garder l’écart existant en attendant le match crucial que nous devons jouer contre la Cote d’Ivoire à Abidjan… et qu’il fallait également construire une équipe forte capable de lutter pour remporter le titre africain en 2015, année où la CAN se jouera au Maroc. C’est donc de tout cela que je pensais discuter avec la commission, « mais que tu viennes me dire qu’on allait parler d’abord du prochain match et ce n’est qu’après qu’on verra le reste, je considère cela comme une forme de mépris pour les sélectionneurs marocains ».

Mon projet était donc clair et aspirait à sauver ce qui pouvait encore l’être, dans les qualifications africaines et pour le Mondial, sachant que nous devons travailler sur l’héritage de Gerets. Peut-être réussirons-nous, peut-être pas, et c’est ce qui nous conduit à poser les jalons d’un programme sur les court, moyen et long termes.

Q – Vous n’avez donc pas parlé contrat ?

R – Nous ne sommes absolument pas arrivés à ce stade de discussion. J’avais demandé à parler d’abord programme, j’ai demandé qu’on se mette d’accord sur les actions à mener ; et ce n’est qu’après cela que nous devions arriver à la négociation sur le contrat. Et alors, soit nous tombions d’accord sur ses termes, et cela aurait été heureux, soit c’était le contraire qui se serait produit et chacun aurait été de son coté. Ces gens-là m’ont dit qu’ils voulaient un sélectionneur pour un seul match et c’est pour cela que j’ai quitté la réunion, convaincu que nous n’allions jamais parvenir à un accord.

Q – Des bruits ont circulé, après cela, sur les conditions que vous avez émises…

R – J’en ai été très surpris moi-même. Des rumeurs ont couru sur le fait que j’aurais exigé de la Fédération un contrat allant jusqu’en 2015, ou que j’aurais insisté pour avoir le même salaire que Gerets. Tout cela est faux, archifaux. Aussi, pour clarifier les choses, j’ai pris contact avec Karim Allam, le conseiller du président, qui m’a rappelé une heure après ; je lui ai expliqué que ce qui circule comme informations n’était que tissu de mensonges et je lui ai dit qu’en me présentant devant la commission, je m’attendais à parler d’un plan d’action, mais que cela ne s’était pas produit. Je lui ai également fait part de ma totale disposition à signer un papier en blanc à la FRMF, afin qu’elle puisse me révoquer quand elle le voudrait si elle estimait que l’équipe n’avait pas retrouvé son niveau d’avant, avec la discipline requise et le mental souhaité, et si la sélection nationale ne redevenait pas cette formation forte et conquérante capable de relever le défi de la CAN 2015. Quant au salaire, je lui ai précisé mon entière disposition à laisser la Fédération le fixer, à la condition qu’il ne soit pas insultant ou rabaissant pour le cadre marocain que je suis. Avec Allam, je n’ai insisté que sur une seule chose qui est qu’on ne peut absolument pas discuter d’une seule rencontre car si j’acceptais cela, je serais cet entraîneur qui ne se respecte pas, pas plus qu’il ne respecte le public. L’entraîneur qui accepterait cela ne pourrait en aucun cas être respecté de ses joueurs. En effet, quand vous rencontrez l’équipe et le staff pour la première fois, vous les entretenez de votre projet et de votre plan d’action ; mais si vous leur dites n’être là que pour une seule rencontre, personne ne tiendra plus compte de ce que vous direz et vous ouvrirez ainsi la voie au chaos et au désordre.

Q – N’avez-vous pas remarqué, lors de cette fameuse réunion, qu’il y a peut-être des membres de la commission que le nom de Baddou Zaki n’enchante pas tellement ?

R – J’avais espéré trouver devant moi des gens qui causent en professionnels et qui ont le courage de dire ce qu’ils pensent, et non qu’ils aillent colporter de fausses rumeurs, fondées sur rien. Je n’accuse personne et je ne mets en doute la bonne foi de personne mais j’aurais quand même voulu davantage de professionnalisme et moins de mise en scène, une mise en scène qui leur permet de dire qu’ils ont choisi le sélectionneur qui aura fait la meilleure offre.

Q – Mais la Fédération a affirmé que Taoussi a fait la meilleure présentation, professionnellement parlant…

R – Et quelle est cette offre professionnelle ? Quelle est cette offre qui serait professionnelle et qui ne concernerait qu’une seule rencontre ? Vous savez, pour un seul match, il vous suffit d’aligner la formation adéquate, de veiller à l’entraînement et de mettre en place la tactique voulue. Il n’est absolument pas besoin d’un exposé en son et en images. Ce que je sais, c’est que l’exposé peut être effectué par le directeur technique sur les jeunes, sur la manière de les passer dans les niveaux supérieurs, en plus du calendrier pour atteindre les objectifs fixés. J’aimerai donc que les gens de la commission nous entretiennent de cette offre qui concerne une seule et unique rencontre, car j’aimerais bien apprendre aussi (rires).

Q – Pendant une semaine, c’est votre nom qui circulé dans les cercles proches de la Fédération…

R – Je pense que les médias devraient dévoiler l’identité des gens qui les ont leurrés, parce que moi, j’étais convaincu que je n’allais pas être retenu. Depuis mardi dernier, la Fédération était en mesure de publier un communiqué disant que le choix a été porté sur Taoussi car c’est lui qui a accepté ce qui lui a été proposé, et disant aussi en toute clarté à l’opinion publique quelle avait été la demande de Zaki.

Q – A votre avis, à qui profite tout cela ?

R – Je ne parle pas de ça, de qui a profité de toute cette comédie. J’aspire seulement à expliquer ce qui s’est passé pour préserver ma réputation et l’affection que me porte l’opinion publique et qui n’a pas de prix, même si pour cela je ne devais plus rien entraîner jusqu’à la fin de mes jours. Ce qui m’importe, c’est cela, c’est la vision qu’ont les Marocains de moi.

Mots Clefs:
Maroc

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