Autrefois royaume des dattes, le Maroc veut retrouver ce lustre d’antan

Autrefois royaume des dattes, le Maroc veut retrouver ce lustre d’antan

Activité économique cruciale pour les régions du sud du Maroc, l’industrie de la datte a longtemps vu sa production décroître, minée par la sécheresse et les maladies, mais les autorités du royaume portent l’ambition de lui rendre une partie de son lustre d’antan.

Autrefois sur le podium des pays producteurs de dattes, le Maroc n’est plus à ce jour que le 8e, loin de l’Egypte, l’Arabie saoudite et l’Irak, avec 110.000 tonnes récoltés lors de la campagne 2011-12.

Les principaux coupables sont connus: la sécheresse et les maladies, qui ont touché des millions de palmiers dattiers selon des experts, faisant passer la superficie des oasis de 85.000 hectares au milieu du XXe siècle à environ 44.000 hectares seulement de nos jours.

Les palmiers dattiers sont présents sur environ un tiers du territoire marocain, selon les derniers chiffres du département de l’Agriculture. Mais, de même source, entre 10 et 15% seulement des dattes produites sont « de bonne qualité ».

Des millions de palmiers ont disparu « à cause de la sécheresse et de la maladie des champignons » et « entre 30% et 40% des arbres ne produisent pas de dattes », a expliqué le ministre de l’Agriculture Abdelalziz Akhenouch, lors du Salon annuel international qui a réuni mi-novembre à Erfoud, dans le sud-est marocain, près de 200 exposants de pays arabes et asiatiques.

Durant ces journées, la situation du secteur dans le royaume a été l’objet de toutes les attentions: à Erfoud, les palmiers s’étendent à perte de vue le long des 250 km de l’oued Ziz, principale source de vie de cette région qualifiée de « capitale des dattes ».

La principale menace pour les palmiers est le « bayoud », un champignon qui provoque un dépérissement rapide de l’arbre.

Objectif: 160.000 tonnes en 2020

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« Nous nous consacrons depuis des années à ce champignon qui a ravagé des millions d’arbres. Il faut des palmiers capables de résister naturellement à ce fléau », a signalé à l’AFP Mohamed Bedraoui, le directeur de l’Institut national de la recherche agronomique.

« Lutter contre le champignon doit se traduire par une amélioration de l’espèce pour avoir, en fin de compte, des palmiers immunisés », a renchéri Saoud Al Bachir, de l’Agence nationale pour la promotion des oasis et de l’arganier, à l’origine de la fameuse huile d’argan.

Si le Maroc n’est plus que le 8e producteur mondial de dattes, les 110.000 tonnes récoltées lors de la dernière campagne marquent toutefois une légère hausse, de 10%, par rapport à la précédente.

Surtout, dans le cadre du Plan « Maroc vert », un programme agricole global initié par le gouvernement, le royaume affiche son ambition à l’horizon 2020: assurer la plantation de plus de trois millions de palmiers-dattiers –dont un million d’ici 2015–, pour atteindre une production de 160.000 tonnes.

L’impact économique n’est pas négligeable dans les régions concernées. A l’heure actuelle, la valeur produite est de 500 millions de dirhams par an (environ 45 millions d’euros) et elle entre pour moitié dans la formation des revenus agricoles pour un million d’habitants, selon des chiffres officiels.

Près de 90% de la production dattière du Maroc provient de la région de Meknès-Tafilalet, où Erfoud est située, et de celle du Souss Massa-Derâa, dans le sud-ouest du royaume.

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Maroc

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