Au seuil du Sahara, des nomades initiés à un projet de purification de l’eau

Au seuil du Sahara, des nomades initiés à un projet de purification de l’eau

« Grâce à cette boîte, plus de problème avec l’eau salée partout où nous irons! », espère Omar Razzouki. Dans le sud du Maroc, aux portes du Sahara, un projet novateur a été présenté à une population en manque cruel d’eau douce, en marge d’un Festival des nomades.

Selon un rapport de l’ONU, publié à l’occasion de la journée internationale de l’eau –le 22 mars de chaque année–, « la qualité de l’eau se dégrade un peu partout dans le monde », et seul 1% de ce liquide sur terre est exploitable.

Pour la seule Afrique subsaharienne, près de 600 millions de personnes (70% de la population) ne disposent toujours pas d’assainissement de base et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que près de 9 décès sur 10 liés à des diarrhées sont dus au manque d’accès à l’eau potable.

Dans l’immense désert du Sahara, les nomades sont parmi les premiers à souffrir de ce manque de ressources hydriques. Tenu mi-mars à M’Hamid el Ghizlane, dans l’extrême sud du Maroc, un « Festival international des nomades » a permis de présenter à cette population un matériel novateur de purification.

La méthode est vieille comme le monde. « C’est simple, il s’agit de s’inspirer du cycle naturel de la condensation des nuages », explique à l’AFP Alain Thibault, un ancien marin confronté au manque d’eau douce sur son navire.

De cette expérience a germé, il y a quelques années déjà, l’idée de reproduire ce cycle à l’aide d’une « petite machine facile à fabriquer et à utiliser ». Le « waterpod » (« Pure ocean distillation ») permet l’évaporation et la condensation de l’eau des puits pour obtenir de l’eau pure », explique-t-il.

Le coût de cet appareil semblable à une grosse boîte aux lettres est estimé à 500 euros l’unité. Mais les concepteurs, soutenus par des bailleurs de fonds, ont déjà donné des cours dans un institut de Tiznit, sur la cote atlantique marocaine, afin que des étudiants apprennent à le fabriquer à moindre frais.
« Simple nettoyage »
« Le waterpod est à base de bois, liège, acier inoxydable et verre trempé », détaille Thierry Mauboussin, qui signale sa dimension environnementale: « Il fonctionne avec l’énergie solaire, donc pas d’énergie fossile ».

Président de « Nomades du monde » et du festival de M’Hamid, Noureddine Bourgab estime que ce nouvel appareil doit « mettre un terme aux problèmes des nomades avec l’eau salée ». « C’est une technique qui reflète le vrai sens du développement durable et la protection de l’environnement », dit-il.

A ses cotés, Omar Razzouki, un nomade de la région de M’Hamid, s’efforce de s’approprier le fonctionnement du « waterpod ». « Cela pourrait résoudre beaucoup de nos problèmes avec l’eau… », espère-t-il.

« La boîte est légère, et il n’y aura pas de problème avec l’eau salée partout où nous irons », enchaîne-t-il.

Surnommée la grande porte du Sahara, la région de M’hamid est connue comme le terminus de la plus grande oasis marocaine, le long de la vallée du Daraâ. Toujours plus au sud, 50 jours de dunes attendent le voyageur, jusqu’à la mythique Tombouctou.

A M’Hamid même, la désertification galopante a entraîné au cours des dernières années un grand manque d’eau, dû à l’assèchement de la nappe phréatique.

Une fois la technique du waterpod assimilée par la population, chaque unité pourra permettre d’obtenir, quotidiennement, six litres d’eau douce à partir de 12 litres d’eau non potable, selon ses concepteurs.

Sa durée de vie? Entre 20 à 40 ans, avec pour unique contrainte un « simple nettoyage » hebdomadaire.

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