Attention à la délation dans la lutte contre la corruption

Attention à la délation dans la lutte contre la corruption
1 commentaire, 15/10/2012, Par , Dans Chroniques, Couverture

Nous n’avons pas vraiment besoin de savoir ce qui s’est réellement passé avec cette magistrate du tribunal administratif de Rabat… Il est possible que ce qui a été dit à son propos soit vrai, et qu’elle a effectivement réclamé à un justiciable la somme d’un million de DH pour juger en sa faveur, mais il est tout aussi possible que l’affaire soit douteuse et qu’il ne s’agisse que d’un règlement de comptes qui impliquerait ce justiciable qui n’aurait pas eu ce à quoi il n’avait pas droit, ou qui ferait intervenir d’autres magistrats qui auraient eu maille à partir avec la juge.

Tout cela n’est donc pas vraiment important et ne suscite pas l’intérêt des observateurs, tout en aiguisant pourtant l’appétit de l’opinion publique, soucieuse de suivre les péripéties d’un autre scandale qui pourrait, comme d’autres, n’exister que dans l’esprit de ceux qui l’ont fait naître.

Mais cette affaire soulève une question autrement plus importante, et qui concerne l’équilibre entre la nécessité de sévir contre toute acte de corruption de personnes indélicates qui pressurisent les gens pour une bouchée de pain qui s’avère par la site empoisonnée, et l’obligation de préserver la dignité des juges et de les protéger contre toute action tendant à les atteindre dans leur honneur.

Il semble aujourd’hui que la chose la plus facile à faire pour un justiciable, quel qu’il soit, est d’accuser un(e) magistrat(e), un agent d’autorité, ou n’importe quel responsable, grand ou petit, de le faire chanter, pour la simple raison que cette personne n’aurait pas eu gain de cause dans une affaire qui n’est pas de son droit. Or, l’Etat, si enthousiaste et soucieux de donner des exemples et de montrer sa bonne foi, a cruellement besoin de ces cas et s’empresse, voire se précipite, parfois, sans avoir préalablement vérifié ce qu’il fait. Et c’est là source d’une grande inquiétude.

Mon propos ici n’est nullement de défendre la magistrate que le ministère a suspendue, car j’estime en mon for intérieur qu’elle n’a pas besoin que quelqu’un la défende si elle est persuadée de son innocence aux termes de la loi et devant Dieu… Non, je pose seulement une question d’une immense gravité et qui consiste pour les responsables à agir dans la plus grande prudence, le plus rationnellement possible dans toutes ces affaires, et de laisser la Justice dire le droit et le droit dire son mot.

Mots Clefs:
Corruptionjustice

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