Arrestation de l’ancien directeur général de la Comanav, Taoufik Ibrahimi

Arrestation de l’ancien directeur général de la Comanav, Taoufik Ibrahimi

Selon une source judiciaire contactée par Akhbar Alyoum, l’ancien directeur général de la Comanav, Taoufik Ibrahimi, a été interpellé et conduit dans les locaux de la Brigade nationale de la Police judiciaire (BNPJ) en compagnie d’autres personnes ; cette arrestation intervient suite à des « anomalies et des infractions financières dans la gestion » de la compagnie maritime, relevées par la Cour des Comptes du temps où Ibrahimi présidait à ses destinées, depuis 2003. D’autres sources imputent cette arrestation aux conséquences de la crise que connaît depuis un temps déjà le secteur du transport maritime entre l’Europe et le Maroc, une tension qui a été exacerbée après la récente saisie des bateaux de la Comarit dans les ports français.

Les interrogatoires ont porté sur la recrudescence des protestations des anciens salariés et cadres de la Comanav, semblerait-il incitées par des parties concernées dans cette affaire, et dont Ibrahimi ferait partie. Ces protestations, en cours depuis début mai, ont atteint leur point culminant par l’occupation de la direction de la marine à Casablanca, ainsi que celle de l’ancien siège de la Comanav.

Les autres personnes arrêtées sont un responsable de la centrale syndicale UMT, Saïd Hirech et l’ancien directeur des ressources humaines de la compagnie. Le SG du syndicat s’est enfermé dans le silence, refusant de répondre au téléphone, et aux questions.

Les sources d’Akhbar Alyoum font le lien entre l’interrogatoire d’Ibrahimi, et son arrestation, et des intérêts qu’il allait retirer de la solution par lui proposée au ministère de l’Equipement et du Transport et à Comanav Ferry, société appartenant à Samir Abdelmoula, l’ancien maire de Tanger. Ces intérêts consistaient en la location des navires de Comanav Ferry durant l’été, pour assurer le transport des MRE de retour au pays, cette location devant alors apporter des bénéfices de près de 300 millions de DH. Las, les banques avaient refusé d’apporter leur concours à l’opération et l’actuel ministre de l’Equipement et du Transport, Aziz Rabbah, a demandé davantage de garanties pour que les banques puissent finalement adhérer au projet.

D’un autre coté, Ibrahimi, qui avait été le DG de Comanav quand celle-ci avait été privatisée en 2007, avait par la suite été nommé président du directoire de Tanger Med, mais avait été révoqué cinq mois après en raison des problèmes qui étaient nés dans la gestion du port géant, en raison des mouvements de protestation qui étaient alors apparus. Ces mouvements avaient occasionné des retards dans le traitement des conteneurs, chose qui avait conduit les transporteurs à décharger leurs cargaisons dans des ports européens. Mais d’autres sources ramènent l’éviction d’Ibrahimi au contentieux qui serait né entre lui et le PDG de Tanger Med, Saïd el Hadi.

Par ailleurs, on reprocherait à Ibrahimi, qui avait supervisé l’audit de Comanav avant sa cession à un groupe français, d’avoir surévalué la compagnie, un constat fait par la suite par les Français qui avaient payé un montant de 200 millions d’euros pour l’acquisition de Comanav et de Comanav Ferry ; une crise diplomatique entre la France et le Maroc avait été alors évitée de justesse, après que l’Etat marocain eut intervenu dans cette affaire en incitant Comarit à racheter des parts du groupe français, lui offrant pour cela le soutien de la Banque populaire. Mais Comarit, qui avait donc acheté Comanav Ferry, s’était à son tour aperçue de la surévaluation de l’entreprise, et sa direction avait décidé d’en saisir le parquet.

D’autres anciens responsables de Comanav, aujourd’hui à la prison d’Oukacha, sont poursuivis pour irrégularités dans la billetterie et manipulation du système informatique, entre autres accusations…

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Maroc

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2 commentaires

  1. soraya mostefa
    juin 21st, 2012 23:12

    Vous racontez n’importe quoi sur l’affaire IBRAHIMI, il faut vérifier les informations avant de les publier et vous melangez tout.
    Quand une entreprise décide de faire une offre et d’acheter une autre entreprise elle se fait entourer des meilleurs conseils pour s’assurer de la valorisation de la boite qu’elle achete, l’etat ne peut en aucun cas forcer une entreprise privee à acquerir une autre entreprise pour lui faire plaisir..et à n’importe quel prix.Quand on est armateur depuis +20 ans on sait ce qu’on achéte et à quel prix il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre et accuser les autres.
    Au Maroc nous avons un gros probléme au niveau de l’information c’est terrible ….
    Merci de publier

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  2. jannin
    juin 19th, 2012 9:15

    peut on dire aujourd’hui que la situation dans laquelle se trouve la comarit vient du fait des malversations de la direction de la comanav,et pas spécialement de la gestion de comarit?? ou un peu des deux

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