Aprés quatorze mois au gouvernement Abdelilah Benkirane garde sa popularité (enquéte)

Aprés quatorze mois au gouvernement Abdelilah Benkirane garde sa popularité (enquéte)

C’EST dit: Benkirane est un animal politique rare. En un peu plus d’un an de pouvoir, il conserve un courant de sympathie plus que confortable.
L’année dernière, notre sondage avait montré le chef de gouvernement à la tête d’un énorme capital de sympathie: 88% d’opinions favorables, qui disaient leur optimisme, voire leur grand optimisme. Soit des voix bien plus nombreuses (en proportion) que son parti, le PJD, en avait obtenues lors des élections législatives de novembre 2011. Ce qui était en soi un  phénomène  exceptionnel.
Aujourd’hui, son capital est écorné de 22 points, certes, mais il reste confortable, très confortable, avec un score de 64% de satisfaits et très satisfaits. Soulignons que, sur cette question, il y a très peu de gens qui ne savent pas ou qui ne répondent pas.
La grogne a monté par rapport à janvier 2012. Elle était à 17%. Elle est aujourd’hui à 23%, une petite progression.

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L’opposition dira qu’il n’y a rien d’étonnant à un tel capital de confiance: le chef de gouvernement n’a pas engagé d’actions difficiles, même si le péril financier est pressant, reconnu comme tel par ses ministres des Finances. Invité du Club de L’Economiste, Salaheddine Mezouar ne s’est pas fait faute de critiquer «l’inaction pour conserver la sympathie» (cf. L’Economiste du lundi 25 mars 2012). Mais l’opinion publique, elle, ne le voit pas de cette manière. Après un an de pouvoir, le score reste excellent pour Benkirane et son équipe. Pour être parfaitement exact, il faudrait dire que ce capital de satisfaction est d’abord celui de Benkirane lui-même, appuyé de quelques lieutenants: Louardi à la Santé, Rabbah aux Travaux publics-Transport, Ramid à la Justice.
Baha, le ministre d’Etat, ami et soutien personnel du chef de gouvernement, n’existe pas aux yeux de l’opinion publique (cf. infra). Vu sa présence sur la scène politique, rien d’étonnant.
En fait, Benkirane n’a pas, ou pas encore,  besoin de garde politique rapprochée: Il «dirige bien le gouvernement», il est «proche des gens» et en plus c’est un «homme de parole». Tous les hommes politiques sur la planète Terre rêveraient que leurs électeurs les décrivent ainsi, au lieu de leur servir de têtes de turcs favorites!
Qui sont les plus grands supporters du chef de gouvernement?
Quand il s’agit de «l’homme de parole», c’est ouvertement les catégories les plus défavorisées et plutot en ville qui l’affirment.
Quand il s’agit de l’homme qui «dirige bien  le gouvernement», c’est nettement l’opinion des ruraux, des 35-65 ans et des habitants de l’Oriental.
Quand il s’agit de dire s’il est proche des problèmes des gens, alors Benkirane fédère les riches, les Marrakchis et les hommes de 45 à 54 ans.

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Le chef de gouvernement a-t-il quelque part de fermes opposants? Non, les critiques tournent à 22-24%, réparties un peu partout, dans toutes les catégories, tous les âges…
Dans un  tel paysage, pas étonnant que les partis de l’opposition parlementaire ou extra-parlementaire, n’arrivent pas à s’accrocher. C’est lisse partout.
Il leur faudra trouver d’autres ressorts que le programme politique, puisque de programme politique, il n’y en a pas et que l’opinion publique n’en tient pas rigueur à Abdelilah Benkirane.

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Benkirane

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