Après 10 ans d’interdiction, Ali Lamrabet lancera un hebdomadaire satirique

Après 10 ans d’interdiction, Ali Lamrabet lancera un hebdomadaire satirique

Le journaliste franco-marocain Ali Lamrabet, interdit d’exercer durant 10 ans au Maroc, a annoncé jeudi son intention de lancer un nouvel hebdomadaire satirique, dans la foulée de l’expiration ce mois-ci de sa peine.

Le concept de l’hebdomadaire est « prêt depuis des années, nous allons y apporter quelques retouches et lancer la publication dans les meilleurs délais », a affirmé M. Lamrabet.

Interrogé sur la date de lancement de cette « parution en arabe », il a dit attendre que « le dossier juridique et les documents administratifs soient validés » par les autorités.

Parmi les collaborateurs de cet hebdomadaire figurera, selon lui, le caricaturiste Khalid Gueddar, condamné en 2009 à quatre ans de prison avec sursis pour la publication d’une caricature jugée irrespectueuse de la famille royale ainsi que du drapeau national.

Ali Lamrabet avait été condamné à Rabat en avril 2005 dans le cadre d’un procès en diffamation intenté par une association sahraouie, à la suite de déclarations selon lesquelles les réfugiés sahraouis de Tindouf (sud-ouest de l’Algérie) n’avaient « aucune envie de rentrer au Maroc » et qu’ils n’auraient au demeurant « aucune difficulté » à le faire, via la Mauritanie.

Ces propos sur ce dossier ultra-sensible sont en contradiction avec la position officielle marocaine, pour qui les réfugiés sahraouis sont « séquestrés » par le Front Polisario, un mouvement indépendantiste soutenu par l’Algérie.

Ali Lamrabet éditait au Maroc les hebdomadaires Demain Magazine et Doumane (arabophone) avant que ces publications ne soient interdites en 2003 au terme d’un procès pour « outrage au roi ».

Le journaliste avait alors été condamné à trois ans de prison ferme, avant d’être relâché en début 2004 à la faveur d’une grâce royale.

Après sa condamnation en 2005, il avait choisi de s’exiler en Espagne, où il a travaillé pour des médias locaux.

À propos François Deville

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