Alaan : report du procès du pour « diffamation » d’un ministre

Alaan : report du procès du pour « diffamation » d’un ministre

Le procès d’un responsable de l’hebdomadaire marocain Al An, poursuivi pour avoir écrit qu’un ministre avait organisé un dîner privé à l’étranger avec de l’alcool, a été reporté au 25 février par le tribunal d’Aïn Sebaâ, près de Casablanca (ouest).

Youssef Jajili, directeur de la publication d’Al-An, est jugé pour « diffamation » sur plainte du ministre de l’Industrie et du Commerce, Abdelkader Amara, du parti Justice et développement (PJD). Il risque jusqu’à un an de prison, selon Reporters sans Frontières, qui réclame dans un communiqué « l’abandon de la procédure telle qu’engagée ».

La plainte de M. Amara fait suite à la publication en juin dernier d’un article dans lequel M. Jajili affirme que des boissons alcoolisées –du champagne– avaient été servies durant un dîner privé organisé par ce responsable lors d’un déplacement officiel au Burkina Faso.

Le ministre réfute vigoureusement cette affirmation.

Lundi s’est tenue la deuxième audience du procès, en présence cette fois de l’avocat du plaignant, Mohamed Ben Abdessadek, un parlementaire du PJD, a constaté un correspondant de l’AFP.

Selon la même source, le président du tribunal a de nouveau reporté le procès, au 25 février, et a incité le journaliste à trouver d’ici là un accord à l’amiable avec la partie civile.

Interrogé à ce sujet, M. Jajili a déclaré qu’il n’existait à ce stade « aucune tentative de conciliation » avec le ministre.

D’après RSF, M. Jajili encourt une peine de trois mois à un an de prison ferme et une amende de 1.200 à 100.000 dirhams (de 110 à 9.000 euros environ).

Dans son communiqué, l’ONG a notamment critiqué « le fait que le journaliste ait pu être entendu par la police judiciaire sur simple plainte du ministre sans même décision d’un juge ».

La constitution adoptée en 2011 « garantit un certain nombre de droits fondamentaux, parmi lesquels le droit à un procès équitable », et cette affaire montre également « combien la réforme du code de la presse, promise par le nouveau gouvernement (…) est cruciale pour la liberté de l’information au Maroc », a ajouté RSF.

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