Agadir : 20 ans de prison pour L’employeuse de la petite bonne morte

Agadir : 20 ans de prison pour L’employeuse de la petite bonne morte

L’employeuse d’une jeune petite bonne décédée l’an dernier des suites de graves brûlures a été reconnue coupable et condamnée à 20 ans de prison, jeudi par un tribunal d’Agadir, au Maroc, a affirmé le responsable d’une ONG qui s’était constituée partie civile.

En mars 2013, Fatima, 14 ans, était décédée après avoir été hospitalisée pour des brûlures –dont certaines au 3e degré– au visage et aux mains. La femme qui l’employait avait été inculpée pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner ». L’affaire a été perçue comme un symbole du fléau des « petites bonnes » au Maroc, où plusieurs dizaines de milliers de mineures travaillent comme domestiques, selon des ONG.

Jeudi, au terme de la quatrième audience, l’accusée a été reconnue coupable et condamnée à 20 ans d’emprisonnement –soit la peine maximale pour ce chef d’inculpation–, a indiqué Omar Saadoun, un responsable de l’Institut national de solidarité avec les femmes en détresse (Insaf), une partie civile.

« Nous attendions ce jugement, les preuves étaient accablantes. Mais au-delà, nous allons poursuivre notre combat jusqu’à la mise en application d’une nouvelle législation qui permette l’éradication de ce fléau », a-t-il ajouté.

Le code du travail marocain interdit d’exercer une activité professionnelle avant l’âge de 15 ans et requiert une autorisation jusqu’à 18 ans. D’après le Haut commissariat au plan (HCP), un organisme officiel, même s’il est en régression, le travail des moins de 15 ans concerne encore plus de 90.000 enfants.

Un projet de loi est actuellement à l’étude au Parlement afin de réglementer le travail domestique. En l’état, « le droit du travail au Maroc exclut les travailleurs domestiques de ses mécanismes de protection, notamment un salaire minimum et la limitation du temps de travail », relève l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans son rapport annuel.

Dans le même temps, l’ONG basée à New York ajoute que, malgré l’interdiction existante, « des filles dès l’âge de 8 ans continuent à travailler dans des domiciles privés jusqu’à 12 heures par jour pour seulement 11 dollars par mois ».

« Dans certains cas, les employeurs frappent les filles et les agressent verbalement, les empêchent de recevoir une éducation et ne les nourrissent pas correctement », poursuit HRW.

Le rapporteur spécial de l’ONU sur la traite des êtres humains, Joy Ngozi Ezeilo, avait exhorté en juin dernier les autorités marocaines à « s’attaquer aux racines du fléau, dont l’exclusion sociale, la pauvreté, les inégalités et la discrimination ».

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À propos Abdellah Miloudy

Un Commentaire

  1. Rumi
    janvier 24th, 2014 14:59

    Cette employeuse mériterait la perpétuité et bien pire encore !! Mais ne nous mettons pas au niveau de ce monstre qui ne mérite que ce qu’elle a fait subir à cette pauvre petite fille…
    Maltraitance, viol , torture : le gouvernement qui fait dodo pendant que ces fillettes subissent l’innommable ! Tfou !

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