Abdellatif Jouahri répond au gouvernement : attention à ne pas toucher à la Compensation !

Abdellatif Jouahri répond au gouvernement : attention à ne pas toucher à la Compensation !

Les propos tenus par Abdellatif Jouahri lors de sa dernière conférence de presse appellent à plusieurs interrogations sur l’avenir et le devenir de la Caisse de Compensation. Le wali de Bank al-Maghrib a préféré s’adresser directement aux médias – au lieu de publier un communiqué – pour attirer l’attention sur les périls encourus en cas de suppression de la compensation.

Abdellatif Jouahri a dit clairement et explicitement n’avoir reçu du gouvernement aucun élément justifiant la réforme envisagée : « A ce jour, Bank al-Maghrib n’est informée de rien quant aux mécanismes et aux moyens déployés pour la réforme de la Caisse de compensation », ajoutant qu’en conséquence, cette attitude du gouvernement « ne permet pas d’étudier les différents scénarios auxquels aboutira la réforme, et principalement son impact sur le niveau général des prix ».

Cette sortie du wali de la banque centrale vient montrer la position contradictoire du gouvernement qui, par la voix de son ministre aux Affaires générales et à la Gouvernance, Najib Boulif, a déclaré que la réforme de la Caisse de compensation est prête depuis novembre 2012 et qu’elle n’attend pour sa mise en œuvre que « l’accord politique ». Mais cet « accord  » n’étant semble-t-il pas encore intervenu officiellement, l’opinion publique attend toujours de savoir le sort de la réforme envisagée.

Abdellatif Jouahri a été encore plus loin en mettant en garde contre ce qui pourrait se produire si la réforme de la Caisse passe par une suppression du soutien aux prix de différentes denrées alimentaires, surtout en cette conjoncture que connaît le Maroc. Et pour que les choses soient encore plus claires, Jouahri a établi un lien direct entre la stabilité des prix à moyen terme et le soutien dont ils bénéficient et qui est assuré par la Caisse de compensation.

Quant à la conversion du soutien au prix des produits de première nécessité en subventions directes de 1.000 DH mensuels versées aux catégories les plus nécessiteuses, comme le veut le gouvernement, le wali de Bank al-Maghrib affirme ne pas pouvoir prédire son impact sur l’inflation, ajoutant qu’il serait nécessaire dans ce cas de prévoir en parallèle de la suppression de la compensation une augmentation des salaires. Quant aux fameux 1.000 DH pour chaque famille pauvre, Jouahri dit que ce ne sont là que des paroles car aucune procédure pour cette subvention n’a encore été décidée par le gouvernement.

Concernant l’inflation, le wali a déclaré qu’elle est de 2,2%, un niveau normal pour l’objectif fixé aux prix à moyen terme mais, ajoute-t-il, si la Compensation est supprimée, ce taux pourrait passer à deux chiffres. Pour ce qui concerne la croissance, elle serait, toujours selon Abdellatif Jouahri, de l’ordre de 4 à 5%, grâce aux bonnes performances agricoles attendues suite à la très convenable pluviométrie enregistrée.

À propos Mouna Naciri

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