Abdelilah Benkirane : La démocratie avance « à petit pas » mais de « façon sûre » au Maroc

Abdelilah Benkirane : La démocratie avance « à petit pas » mais de « façon sûre » au Maroc

Le Premier ministre islamiste Abdelilah Benkirane a assuré mardi que la démocratie avançait « à petit pas » mais de « façon sûre » au Maroc, dans le sillage du Printemps arabe, réfutant par ailleurs toute idée de « cohabitation » entre lui et le roi Mohammed VI, dans un entretien à France 24.

« Nous sommes en train d’avancer, à petit pas » mais « d’une façon sûre », a déclaré M. Benkirane, interrogé en marge du Forum mondial sur la démocratie à Strasbourg (nord-est de la France).

Le Printemps arabe « a fait brûler la marmite tunisienne et égyptienne, et il a fait chauffer la notre. C’est pour cela que nous avons eu une nouvelle Constitution, que nous avons eu des élections, qu’un parti de la majorité qui était harcelé et marginalisé » a accédé au pouvoir, a-t-il ajouté en référence à sa formation, le parti Justice et développement (PJD).

Il a qualifié de « chemin irréversible » la démocratisation du monde arabe. « Nous pensons aujourd’hui que c’est un sens de l’histoire », a-t-il dit.

Le PJD a remporté les législatives fin 2011, accédant pour la première fois au pouvoir. Une nouvelle Constitution initiée par le roi avait été adoptée quelques mois plus tot, renforçant les pouvoirs du gouvernement.

Sur France 24, Abdelilah Benkirane a toutefois catégoriquement réfuté le terme de « cohabitation » entre son gouvernement et le palais royal.

« Au Maroc, le roi c’est le chef de l’Etat et (…) le chef du conseil des ministres (…) Donc c’est mon chef », a-t-il souligné. « Cessez de penser en terme de cohabitation », a-t-il insisté. « C’est réglé par la loi », a-t-il expliqué, assurant avoir ses « prérogatives ».

M. Benkirane a par ailleurs dénoncé des « procès d’intention » en Occident contre les islamistes au pouvoir sur la rive sud de la Méditerranée.

Si l’Occident « veut la démocratie et s’il respecte la voix des gens, et s’il pense que la démocratie est une chose qui appartient au peuple, alors il faut qu’il respecte son choix », a-t-il souligné.

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