A Rabat, Hollande salue des « pas décisifs » du Maroc vers la démocratie

A Rabat, Hollande salue des « pas décisifs » du Maroc vers la démocratie
0 commentaires, 05/04/2013, Par , Dans Politique

Le président français François Hollande a salué jeudi à Rabat les « pas décisifs » accomplis par le Maroc vers la démocratie, même si des « attentes » demeurent, au second jour d’une visite effectuée sous la pression croissante du scandale de la mise en examen de l’ex-ministre Cahuzac.

Le Maroc accomplit « chaque jour » des « pas décisifs » vers la démocratie et s’affirme comme « un pays de stabilité et de sérénité », a déclaré M. Hollande dans un discours au Parlement.

Il a notamment évoqué l’adoption, à l’été 2011, d’une nouvelle Constitution, dans le contexte du Printemps arabe, qui garantit « la tolérance » et « reconnaît le caractère multiple de l’identité marocaine ».

« Je sais aussi, malgré ces progrès, ce que sont encore les attentes des Marocains », a ajouté M. Hollande. « Il y a des impatiences partout (…) mais je sais que vous avez la volonté de faire face et de réaliser ce que vous avez promis aux Marocains », a-t-il estimé.

Selon le président français, « il y a toujours des critiques, des améliorations, c’est votre responsabilité. Et notre devoir, c’est de vous accompagner ».

« Le Maroc maîtrise son propre changement, et ce n’est pas facile », a-t-il poursuivi, en référence aux Printemps arabes « qui sont prometteurs et en même temps porteurs de risques ».

Interrogé en conférence de presse sur les droits de l’Homme, un sujet que les ONG Human Rights Watch (HRW) et Reporters sans frontières (RSF) avaient exhorté le chef de l’Etat français à soulever, François Hollande a évoqué « un processus lent ».

Il y a « incontestablement eu des progrès pour la population (…) », a-t-il avancé tout en reconnaissant l’existence de « problèmes particuliers ».

Sur la liberté d’expression, « je dis aux autorités marocaines, et là aussi sans vouloir faire la leçon », il s’agit d' »un principe fondamental de la démocratie », a déclaré M. Hollande.

Durant cette conférence de presse, M. Hollande n’a pu éviter les questions sur l’affaire Cahuzac, du nom de son ancien ministre du Budget qui a avoué mardi disposer depuis vingt ans d’un compte bancaire secret à l’étranger.

« J’irai jusqu’au bout » sur la question de la moralisation de la vie publique, a affirmé le chef de l’Etat, qui a en revanche écarté l’hypothèse d’un remaniement de son gouvernement.

« Pour être clair (…), ça n’est pas le gouvernement qui est en cause, c’est un homme qui a failli », a-t-il dit à propos de Jérome Cahuzac.

Avant d’arriver au Maroc, François Hollande avait voulu déminer le terrain en annonçant une série de mesures pour garantir une « exemplarité totale » des responsables publics. Mais elles ont été jugées largement insuffisantes par la droite.

Parenthèse à ces tracas, le président français a pu savourer à Rabat l’ovation debout que lui ont réservé les parlementaires marocains lors du passage de son discours sur le Sahara occidental, ex-colonie espagnole controlée par le Maroc mais que revendique les indépendantistes du Polisario.

« La crise au Sahel rend encore plus urgente la nécessité de mettre fin à cette situation », a souligné M. Hollande.

Il a réaffirmé le soutien de Paris au plan d’autonomie proposé par Rabat. Ce plan, « présenté en 2007 », « prévoit un statut de large autonomie pour la population » de cette région et, « je le redis ici, c’est une base et sérieuse et crédible en vue d’une solution négociée », a-t-il lancé.

D’ici la résolution de ce conflit, qui entrave le développement de l’Union du Maghreb arabe (UMA), « tout doit être fait pour améliorer les conditions de vie de la population dans cette région », a-t-il noté.

A Rabat, lors de sa journée marathon, le président français s’est également entretenu avec le chef du gouvernement islamiste Abdelilah Benkirane, des chefs d’entreprises français et marocains, des étudiants et représentants de la société civile.

Après la signature mercredi d’une trentaine d’accords et de contrats bilatéraux, pour un montant de 300 millions d’euros, en particulier dans le domaine des transports, M. Hollande a exhorté les patrons français à investir au Maroc, alors que Paris a perdu en 2012 sa place de premier fournisseur.

Maroc: la liberté d’expression, « principe fondamental de la démocratie »

Le président français François Hollande, interrogé jeudi à Rabat sur la situation des droits de l’Homme au Maroc, a qualifié la liberté d’expression de « principe fondamental de la démocratie », soulignant que le royaume était engagé dans un « processus » nécessitant du temps.

« Pour ce qui concerne le Maroc, je l’ai dit, c’est un processus lent (de démocratisation, ndlr) qui a été engagé, qui a incontestablement eu des progrès pour la population, et pour la représentation du pluralisme », a déclaré M. Hollande.

Questionné sur d’éventuelles « entorses » aux droit de l’Homme, notamment sur le retrait en octobre dernier de l’accréditation d’un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) à Rabat, il a évoqué des « problèmes particuliers (…), que je connais ».

« Ce que je dis aux autorités marocaines, et là aussi sans vouloir faire la leçon, c’est que la liberté d’expression, nous la connaissons, parfois nous l’éprouvons, mais c’est un principe fondamental de la démocratie », a souligné le président français.

Le 4 octobre, le gouvernement marocain a décidé de retirer l’accréditation du journaliste de l’AFP Omar Brouksy, mettant en cause sa couverture ce même jour de législatives partielles. Cette décision a été prise en représailles à un reportage comportant une phrase qui faisait mention de la participation de candidats « proches du palais royal » à Tanger (nord).

La direction de l’AFP a demandé officiellement aux autorités marocaines de revenir sur leur décision.

Avant la visite de François Hollande, l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait appelé le président français à inciter le Maroc à garantir le respect des droits de l’Homme. Et Reporters sans frontières (RSF) avait adressé un courrier au chef de l’Etat afin d' »attirer son attention sur la situation de la liberté de la presse ».

Lors d’un discours devant le Parlement marocain, M. Hollande a salué les « pas décisifs » vers la démocratie accomplis par le Maroc, qui s’affirme comme « un pays de stabilité et de sérénité ».

« Il y a toujours des critiques, des améliorations, c’est votre responsabilité. Et notre devoir, c’est de vous accompagner », a-t-il ajouté.

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