50 cadavres d’immigré retrouvé dans un camion en Autriche

Le nombre des réfugiés retrouvés morts, jeudi matin, dans un camion sur une autoroute autrichienne pourrait s’élever jusqu’à 50 victimes, selon l’Agence autrichienne de presse APA, citant des sources policières.

Les victimes seraient décédées par asphyxie dans ce véhicule de 7,5 tonnes qui était stationné depuis mercredi dans une aire de repos au niveau de l’autoroute A4 dans la région du Burgenland, à la frontière hongroise, au sud de la capitale autrichienne Vienne, a rapporté l’agence, indiquant que la police évoque pour le moment le décès de plusieurs personnes sans aucune indication du nombre des victimes, leur nationalité et aussi la cause exacte du décès.

Ce drame survient à quelques jours d’un accident de la route qui a fait 25 blessés dont des cas graves dans la même région parmi des réfugiés entassés dans une camionnette utilisée par des passeurs venant de la région des Balkans. Quelques jours auparavant, un autre accident a fait trois blessés graves en Basse-Autriche. Et toujours le même scénario, la police et les secours arrivent mais les passeurs s’évaporent dans la nature.

Le drame d’aujourd’hui a failli même se produire bien avant au début de ce mois d’août si ce n’est l’intervention à temps de la police qui a mis fin au calvaire de 86 migrants clandestins qui étaient entassés dans une camionnette circulant sur l’autoroute A1 en Basse-Autriche, à environ 70 km de Vienne. Les migrants étaient des afghans, des pakistanais et des irakiens, dont 16 enfants et même une femme enceinte de huit mois. Ils ont pu échapper de justesse à la mort en perçant des trous dans la carrosserie du véhicule conduit par des passeurs qui ont roulé pendant 12 heures non-stop.

Des passeurs que la ministre fédérale de l’intérieur, Johanna Mikl-Leitner, a qualifié de ‘criminels » dans une première réaction citée par l’agence APA, se disant choquée et attristée par cette tragédie humaine, ‘un jour noir pour l’Autriche ». De même, son collègue au gouvernement et camarade au parti populaire (conservateurs), Wolfgang Brandstetter, ministre de la justice, s’est dit indigné et en colère contre les contrebandiers qui profitent sans vergogne de la détresse des migrants, assurant que son département renforcera son action et sa coordination avec le ministère de l’intérieur pour réprimer cette forme de criminalité.

Il a estimé qu’il est urgent que son pays et toute l’Union européenne durcissent leur législation répressive à l’encontre des contrebandiers des migrants.

S’engouffrant dans la brèche, le leader du parti de la liberté d’Autriche (Extrême droite), Heinz-Christian Strache, a jeté toute la responsabilité de ce drame sur le gouvernement fédéral, disant que si les contrôles au niveau des frontières étaient stricts, cet événement tragique n’aurait pas pu se produire tout en plaidant pour l’aggravation des peines contre les passeurs des migrants.

Ce drame sans précédant en Autriche se produit au jour de l’ouverture du sommet UE-Pays Balkans occidentaux qui s’inscrit dans le cadre d’un long processus visant à préparer leur admission dans l’Union Européenne et qui sera, par la force des choses, dominé par la crise humanitaire des migrants, vu les proportions dramatiques du phénomène en Europe depuis la vague de l’exode des populations fuyant les affres de la deuxième guerre mondiale.

Au début des travaux, les conférenciers ont tenu à observer une minute de silence à la mémoire des victimes retrouvés morts dans ce camion.

A l’annonce de cette nouvelle tragédie de la migration incontrôlée, la chancelière Allemande, Angela Merkel, qui participe aux travaux de ce sommet, s’est dite bouleversée, appelant à une résolution urgente de cette problématique dans le cadre de la solidarité européenne.

Le passage par les pays balkaniques est devenu, ces temps-ci, une voie très encombrée par les migrants en provenance de la Grèce qui transitent par l’Albanie, la Macédoine, la Serbie, le Kosovo et autres pays comme la Hongrie où sont arrivés 35.000 migrants et demandeurs d’asile durant le seul mois de juillet dernier, selon des chiffres donnés dernièrement par le commissaire européen aux affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos.

L’Autriche a accueilli, en 2014, plus de 28.000 prétendants à l’asile et cette année, les autorités s’attendent à l’arrivée de plus de 70.000 migrants. Face à cette déferlante, le gouvernement fédéral envisage même de mobiliser l’armée pour renforcer les contrôles au niveau des frontières.

À propos François Deville

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