2M, ou la télé dite de proximité

2M, ou la télé dite de proximité

Evènement exceptionnel, en vérité, que celui de la diffusion par 2M, lors de son journal télévisé du dimanche soir en français, d’un reportage sur les « animaux abandonnés » ; on a ainsi évoqué ces animaux errants dont personne ne s’occupe, et ensuite on a parlé également de cette association qui prend soin de ces bêtes, et puis, enfin, on a écouté des gens qui vivent en compagnie de ces animaux dits de compagnies, chiens, chats, ânes…

Avec ce reportage, la chaîne de télévision a montré à quel public elle s’adresse et comment elle conçoit la notion de « télévision de proximité »…. En effet, ces animaux, aussi abandonnés soient-ils, ne devraient pas être la priorité de la télé, car il existe dans ce pays des êtres humains, aussi abandonnés, aussi délaissés, dont personne ne s’occupe, auxquelles personne ne s’intéresse, des gens vivant dans la solitude et la précarité qui demandent qu’on pense à eux et qu’on traite leurs cas afin que, peut-être, les responsables en soient informés… Mais la chaîne de télévision ne voit pas les choses de la même manière et préfère se concentrer sur des questions qui ne concernent qu’une infime partie de notre société, donnant ainsi le sentiment aux téléspectateurs qu’il existe un autre Maroc, avec d’autres Marocains qui ont d’autres préoccupations que ceux de « bouzebbal »…

Les médias audio-visuels représentent une des clés de la démocratie et du débat public, de même que l’information de proximité requiert de ceux qui en sont en charge qu’ils sortent de leurs bureaux et qu’ils aillent vers toutes ces populations, qu’ils écoutent leurs doléances et qu’ils rapportent ce qu’elles subissent au quotidien dans les hopitaux, les administrations publiques, les tribunaux, les arrondissements, les communes égarées dans des coins perdus…

Nous n’avons aucunement l’intention, à travers cette remarque, de critiquer l’action de ces associations qui s’occupent des animaux délaissés, mais nous parlons de la responsabilité des médias publics qui sont supposés être entrés dans une ère nouvelle avec la constitution 2011, l’adoption des cahiers des charges et le débat qui en a accompagné l’élaboration et l’approbation. En effet, disons-le et répétons-le, les médias publics sont financés par l’argent public, celui des contribuables, de tous les contribuables qui doivent, donc, s’y retrouver en y trouvant leurs soucis quotidiens.

Mots Clefs:
Maroc

À propos Ghita Senhaji

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